🟣 ERREUR 2000 - Twitch joue cartes sur table
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🟣 ERREUR 2000 - Twitch joue cartes sur table

🟣 ERREUR 2000 - Twitch joue cartes sur table
Photo by Michał Parzuchowski / Unsplash

Au programme : Twitch dit bye bye (ou presque) aux streams de jeux d'argent, Instagram est toujours nul et YouTube sort les armes.

Cette édition comporte moins de sections que d'ordinaire, mais en échange, vous gagnez des analyses un peu plus étoffées ! La raison ? Disons que je vous prépare quelques surprises pour la prochaine fois... 🤫

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Temps de lecture estimé : 7 minutes. Bon après c'est pas un concours de vitesse, prenez votre temps !

🔥 LE SUJET DU MOMENT

🟣 Twitch décide de parier sur le bon sens

C'est acté, peu de temps avant de clôturer cette édition (je suis ravi car j'adore me coucher plusieurs heures après minuit ✌️) : Twitch annonce bannir définitivement le streaming de sites de jeux d'argent et de paris non-autorisés aux Etats-Unis (ou dans d'autres juridictions qui "ne fournissent pas de protections suffisantes aux consommateurs").

Communiqué de Twitch

En revanche, Twitch continuera d'autoriser les sites de paris sportifs, de ligue fantasy et de poker. Le tout sera effectif à partir du 18 octobre 2022 et la plateforme indique qu'entre-temps, elle peaufinera ses règles pour qu'elles soient les plus explicites possible sur le sujet.

Vous trouvez cette annonce pour le moins... un peu floue ? C'est normal. Cela fait quelque temps maintenant que la position de Twitch face à cette catégorie de livestream est inconfortable : d'un côté, la catégorie de ce type de contenus est la 11ème la plus populaire sur le site au global (7ème chez les anglophones) avec près de 400 millions d'heures vues ces 365 derniers jours, devant des hits comme FIFA 22, World of Warcraft, et presque à égalité avec Call of Duty Warzone. De l'autre, c'est une épée de Damoclès côté légal & communication... Mais les derniers événements dans le milieu du streaming anglophone ont aidé à trancher.

Source: SullyGnome

Attention, "storytime" comme on dit ! En effet, cette décision précipitée ne sort pas de nulle part : il y a quelques jours, un streamer du nom de Sliker a avoué avoir menti sur sa situation personnelle afin de quémander de l'argent auprès d'autres streamers ainsi qu'à sa propre communauté. Au total, il aura accumulé plusieurs centaines de milliers de dollars en cachant à tout le monde sa vraie raison : pouvoir financer son addiction aux jeux d'argent.

La streameuse Pokimane exige la fin des jeux de hasard sur Twitch
La révolte gronde sur Twitch. De nombreux streamers et streameuses ont annoncé leur intention de faire grève si la plateforme ne faisait rien pour interdire les lives de jeux de hasard et de casino. « Si Twitch n’a toujours pas banni les lives de jeu de hasard d’ici la semaine de Noël, nous devrions…
Petit coup de pression quand mĂŞme.

Suite à cette annonce fracassante, une sorte de coalition s'est créée entre les plus grandes figures du monde du Livestreaming comme Ludwig, Pokimane ou encore Mizkif (ce qui est plutôt ironique dans sa propre situation) afin d'offrir une réparation financière aux victimes de Sliker sur leurs fonds propres, mais également de faire pression sur Twitch financièrement étant donné leurs poids cumulés si jamais la plateforme ne prenait pas de décision claire sur les diffusions de jeux d'argent.

"Si Twitch n’a toujours pas banni les lives de jeu de hasard d’ici la semaine de Noël, nous devrions rassembler un groupe de streameurs, et tous faire grève."

- Pokimane

Et le fait est que cela a fonctionné. Nous attendons cette fameuse date du 18 octobre afin de clarifier exactement le cadre que souhaite poser Twitch sur ce type de streams, et qui ouvrira peut-être un débat sous-jacent : celui des streams dédiés à l'ouverture de lootboxes et autres équivalents gacha.


📰 LE RÉCAP DE L'ACTU

🟣 Instagram Reels est un échec

Les Reels d’Instagram ne rivalisent toujours pas avec TikTok
Instagram enregistre une baisse d’engagement sur les Reels, et continue d’être en difficulté face à TikTok, selon le rapport du Wall Street Journal.
C'est réel.

Les derniers changements effectués sur Instagram, visant à donner une visibilité démesurée aux contenus vidéo afin de populariser les "Reels" (sa copie maison de TikTok), sont loin de faire l'unanimité : ses utilisateurs, qui ont pour la plupart rejoint l'application pour son lien avec la photographie, n'y trouvent plus leur compte... Et il y a pire pour Instagram : un tiers des fameuses vidéos "Reels" publiées sur le réseau social sont en réalité des... vidéos TikTok réutilisées !

Cet échec, pour le moins prévisible, n'était pourtant pas une évidence pour eux. Après avoir copié de nombreuses autres applications avec succès (on pense par exemple au format "Stories" de Snapchat), cela aurait pu fonctionner... s'ils avaient prêté attention au fait qu'en dehors des créateurs de contenus avec du temps et/ou des moyens de production vidéo à disposition, personne ne produit du contenu vidéo de qualité au quotidien sur ces formats contraignants.

Sur Instagram, le désarroi des petits créateurs déboussolés par les changements d’algorithme
Pour imiter TikTok, Instagram a amorcé de profonds changements de son algorithme, privilégiant désormais les contenus vidéo. Photographes, peintres ou fripiers… certains créateurs, dont le gagne-pain dépend de la plate-forme, n’arrivent plus à suivre.
Comment aliéner ses utilisateurs en une étape simple.

Si TikTok a remporté la bataille, c'est tout simplement en ayant été le premier acteur à permettre de faire du montage vidéo simple, social et accessible depuis un smartphone. Or entre son lancement et aujourd'hui, la qualité des productions s'est grandement professionnalisée et les usages se sont établis en termes de lieu de consommation. Dès lors, les seuls en mesure de pouvoir rivaliser aujourd'hui avec TikTok sur ce format doivent déjà remplir deux conditions :

  • ĂŠtre un lieu de consommation de vidĂ©o, ce que n'est pas Instagram
  • Avoir des crĂ©ateurs de contenus rĂ´dĂ©s Ă  la production de vidĂ©os

C'est le cas de YouTube avec ses "YouTube Shorts" par exemple : avec ces conditions remplies, YouTube s'assure de pouvoir diffuser un flux continu de nouveaux contenus auprès d'une audience qui n'est là que pour consommer des vidéos... Là où Instagram est une boutique de thés bio qui, du jour au lendemain, se met à nous proposer des paires de chaussures d'occasion... et tant pis si vous aimez le thé : il n'en reste qu'une petite boîte au fond du magasin.

🟣 YouTube met à jour son Partner Program

Quand on parle du loup : le YPP (le petit nom du YouTube Partner Program) vient de subir un lifting ! Et c'est une très bonne nouvelle pour ce programme vieillissant derrière lequel se trouvait la porte d'entrée pour monétiser nos contenus sur YouTube.

Elément marquant, l'arrivée du YPP "Fan Funding" débloquant l'accès aux premiers éléments de monétisation, qui est ce qu'on pourrait globalement comparer au programme "Affilié" de Twitch (stade qui précède celui de Twitch Partner). Nous n'avons pas plus d'informations pour le moment sur l'accès à ce fameux "Fan Funding", mais d'après nos sources, il serait question d'une mise en place progressive à partir du 1er trimestre 2023.

Le YouTube Partner Program "classique" se dote, lui, d'une nouvelle option alternative aux "4 000 heures vues" sur vos vidéos long format pour y prétendre : obtenir 10 millions de vues sur les formats courts "Shorts" durant les 90 derniers jours (en plus d'obtenir 1000 abonnés). L'objectif est clair : booster la création sur ce format ! Ne vous y trompez pas : derrière cette mise à jour de son programme, YouTube vient tacler directement deux compétiteurs sans s'essuyer les pieds sur le paillasson.

Car il faut le dire : chez Twitch, on est directement visé par un équivalent au programme d'affiliation dont la rémunération ne passe pas par la publicité (et donc favorise la rétention de notre première audience qui fera le socle de notre communauté), tout en proposant une suite complète d'outils pour développer son activité vidéo en un seul endroit (Live, VoD, Vidéos courtes). Et chez TikTok, ce n'est jamais une bonne nouvelle quand YouTube rend ses "Shorts" encore plus attractifs.

Made on YouTube: supporting the next wave of creative entrepreneurs
Introducing the next chapter in rewarding creativity on our platform.
La liste des missiles envoyés à la concurrence ici, en anglais. Désolé !

En à peine 2 ans, YouTube a complètement revu sa stratégie pour proposer une plateforme au sens propre du terme, là où TikTok et Twitch font au mieux, figures de "services"... et cette comparaison n'est pas flatteuse. On se donne RDV bientôt, car ils ne vont certainement pas rester les bras ballants face à ce constat !


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